Distillerie des Alpes : histoire d’Eyguebelle et des spiritueux Ælred

DISTILLERIE DES ALPES : l’héritage des plantes et de la distillation française

La Distillerie des Alpes appartient à une longue tradition française de travail des plantes, des fruits, des épices et des racines.

Son univers réunit aujourd’hui plusieurs familles de produits, parmi lesquelles les liqueurs et spiritueux commercialisés sous la marque Ælred ainsi que certaines recettes historiques beaucoup plus anciennes.

Parmi elles, LA RAPHAËLLE occupe une place particulière.

Sa recette remonte à 1865 et à Hyppolite Bonal, ancien religieux devenu distillateur sous le nom qui restera associé à sa création : Frère Raphaël.

Cette histoire illustre parfaitement la philosophie de la distillerie : préserver des recettes anciennes tout en maintenant un véritable travail de macération, de distillation et de vieillissement.

Une tradition française profondément liée aux plantes

Avant d’être associées au plaisir de la dégustation, les liqueurs de plantes ont longtemps été liées à l’herboristerie.

Racines, fleurs, graines, écorces et plantes aromatiques étaient étudiées pour leurs propriétés et conservées dans les monastères, pharmacies et herbiers.

La distillation permettait d’extraire et de concentrer une partie de leurs composés.

C’est dans cet univers que s’inscrit une partie de l’héritage aujourd’hui conservé par la Distillerie des Alpes.

Le travail des plantes reste central dans plusieurs de ses créations.

Eyguebelle et Ælred

L’univers de la distillerie est aujourd’hui notamment connu à travers deux identités complémentaires.

Eyguebelle est historiquement associée aux sirops et aux liqueurs.

Ælred regroupe quant à elle différents spiritueux : liqueurs de plantes, eaux-de-vie, absinthes et autres créations de distillation.

Cette organisation permet à la maison de travailler aussi bien des recettes accessibles que des spiritueux beaucoup plus complexes.

LA RAPHAËLLE se situe tout en haut de cette seconde catégorie.

Elle appartient à la gamme des Alcools d’Exception.

Hyppolite Bonal et Frère Raphaël

L’histoire de LA RAPHAËLLE permet de remonter jusqu’au XIXe siècle.

Hyppolite Bonal entre dans la vie monastique en 1850.

Il prend alors le nom de Frère Raphaël.

Chargé de la pharmacie du monastère, il développe une connaissance approfondie des plantes et poursuit également des études médicales à Lyon.

Il devient médecin du monastère.

En 1858, Hyppolite Bonal quitte finalement la vie religieuse.

Il s’installe à Saint-Laurent-du-Pont et poursuit son travail autour des plantes et de la distillation.

1865 : naissance de LA RAPHAËLLE

En 1865, Hyppolite Bonal développe la liqueur qui prendra le nom de LA RAPHAËLLE.

La recette repose sur une quantité particulièrement importante de matières végétales.

Plantes, graines, fleurs, épices et écorces sont travaillées afin de construire un profil extrêmement complexe.

La recette traversera ensuite les générations.

Elle sera finalement reprise et préservée par Eyguebelle, permettant à cette création du XIXe siècle de continuer à être produite aujourd’hui.

Plus de 70 botaniques dans une seule liqueur

La version actuelle de LA RAPHAËLLE utilise plus de soixante-dix botaniques.

Certaines sont connues.

Mélisse, hysope, vulnéraire, thym, sauge, marjolaine, hibiscus et vanille figurent notamment parmi les ingrédients évoqués par la distillerie.

D’autres éléments restent naturellement liés au secret de fabrication.

Cette quantité considérable de matières premières nécessite une méthode plus complexe qu’une simple macération.

Plusieurs préparations sont réalisées séparément.

Macération, alcoolats et distillation

Le savoir-faire de la Distillerie des Alpes repose notamment sur la maîtrise de différentes méthodes d’extraction.

Certaines plantes peuvent être mises en macération ou en infusion.

D’autres préparations sont distillées afin d’obtenir des alcoolats.

Le cuivre joue alors un rôle important.

Il permet d’affiner le distillat et de travailler plus précisément certaines familles aromatiques.

Le Maître-Distillateur peut ensuite assembler ces différents éléments afin de construire le profil final.

Cette méthode permet de conserver une grande complexité sans laisser une seule plante dominer entièrement la dégustation.

Le rôle du vieillissement

Certaines liqueurs de plantes ne sont pas immédiatement embouteillées après leur élaboration.

LA RAPHAËLLE en constitue un exemple particulièrement intéressant.

Après l’assemblage et la distillation de ses différents composants, la liqueur est placée en foudre de chêne.

Le temps permet alors aux nombreuses familles aromatiques de s’intégrer.

Le bois apporte également davantage de profondeur.

La couleur évolue vers une robe cuivrée aux étonnants reflets verts.

La dégustation devient progressivement plus harmonieuse.

Des liqueurs de plantes aux eaux-de-vie

Le savoir-faire de la Distillerie des Alpes ne se limite pas à LA RAPHAËLLE.

La gamme Ælred permet d’explorer plusieurs catégories de spiritueux.

Liqueurs de plantes, eaux-de-vie de fruits et absinthes montrent différentes manières d’utiliser la macération et la distillation.

Le fruit peut être recherché pour sa gourmandise.

Les plantes peuvent apporter fraîcheur, amertume ou épices.

Les racines et les écorces permettent quant à elles de construire des profils beaucoup plus profonds.

Cette diversité constitue aujourd’hui l’une des signatures de la distillerie.

Une passerelle entre herboristerie et spiritueux

Les créations les plus intéressantes de la Distillerie des Alpes permettent finalement de comprendre l’origine d’une grande partie des liqueurs françaises.

Avant l’apparition des catégories modernes de spiritueux, les plantes occupaient déjà une place considérable dans les boissons alcoolisées.

Les recettes pouvaient être développées par des pharmaciens, des religieux, des herboristes ou des distillateurs.

LA RAPHAËLLE constitue un remarquable témoignage de cette époque.

Sa recette de 1865 continue d’exister plus d’un siècle et demi plus tard.

Pourquoi découvrir la Distillerie des Alpes ?

La Distillerie des Alpes offre une porte d’entrée particulièrement intéressante dans l’univers des spiritueux botaniques français.

Les recettes historiques côtoient des productions plus contemporaines.

Les méthodes traditionnelles de macération, d’infusion et de distillation permettent de travailler une grande diversité de matières premières.

Avec LA RAPHAËLLE, cette philosophie atteint probablement son expression la plus complexe.

Plus de soixante-dix botaniques, plusieurs alcoolats et élixirs, une distillation en cuivre et un vieillissement en foudre permettent de faire vivre aujourd’hui une recette dont l’histoire a commencé en 1865.

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Notre sélection

REYKA : histoire de la vodka islandaise de Borgarnes

REYKA : une vodka née entre glaciers et volcans islandais

Produire une vodka en Islande peut sembler évident aujourd’hui tant l’image de pureté du pays correspond naturellement à cette catégorie de spiritueux.

Pourtant, lorsque REYKA apparaît en 2005, l’Islande ne possède pratiquement aucune tradition moderne de production de vodka.

Le projet est développé par William Grant & Sons, entreprise familiale écossaise connue notamment pour Glenfiddich, The Balvenie et Hendrick’s.

Plutôt que de simplement créer une nouvelle marque premium, REYKA est construite autour des particularités naturelles de son lieu de production.

La vodka est installée à Borgarnes, dans l’ouest de l’Islande.

Eau de source glaciaire, roche volcanique et énergie géothermique vont alors devenir trois éléments essentiels de son identité.

2005 : naissance de REYKA

REYKA apparaît en 2005 lorsque William Grant & Sons développe une distillerie à Borgarnes.

La petite ville est située sur la côte occidentale de l’Islande, à plusieurs dizaines de kilomètres au nord de Reykjavík.

Le choix de l’Islande permet au groupe écossais d’aborder la vodka d’une manière très différente de ses whiskies.

Pas de vieillissement en fût ni de recherche autour du temps.

Le travail se concentre au contraire sur la pureté du distillat, l’eau, le cuivre et la filtration.

Le nom REYKA fait lui-même référence à l’environnement islandais. Il est associé à un ancien terme islandais évoquant la fumée ou la vapeur.

Une référence particulièrement appropriée dans un pays où l’activité géothermique est omniprésente.

Borgarnes, sur la côte occidentale de l’Islande

REYKA est produite à Borgarnes.

La ville est entourée d’un environnement particulièrement marqué par l’activité volcanique et glaciaire de l’Islande.

Cette localisation apporte à la distillerie l’une des matières premières les plus importantes dans la fabrication d’une vodka : l’eau.

REYKA utilise une eau provenant d’une source glaciaire.

Avant d’atteindre cette source, l’eau traverse naturellement un champ de lave vieux d’environ 4 000 ans.

Elle présente une faible minéralité et peut être utilisée sans avoir à subir le traitement de déminéralisation généralement nécessaire à certaines eaux employées dans la production de spiritueux.

Cette eau sert notamment à ramener le distillat jusqu’à son degré final d’embouteillage.

Un alambic inhabituel pour produire une vodka

L’une des signatures techniques de REYKA se trouve à l’intérieur de la distillerie.

La maison utilise des alambics Carter-Head.

Ce type d’équipement est rare dans l’univers de la vodka. Il est davantage connu pour son utilisation dans la production de certains gins.

William Grant & Sons connaît d’ailleurs particulièrement bien ce type d’alambic puisque des Carter-Head sont également utilisés pour Hendrick’s Gin.

La conception de l’équipement offre un contact important entre les vapeurs d’alcool et le cuivre.

Ce contact permet d’affiner le distillat.

REYKA effectue une seule redistillation dans ses Carter-Head afin d’obtenir le profil recherché.

L’objectif n’est pas nécessairement de supprimer toute personnalité au spiritueux.

Une légère présence céréalière est conservée afin d’apporter de la texture à la vodka.

Une production volontairement réalisée en petits lots

REYKA revendique également une production en petites charges.

Chaque cycle de distillation dure environ cinq heures.

La quantité produite reste volontairement limitée par rapport aux volumes qui peuvent être obtenus dans les grandes installations industrielles consacrées à la vodka.

Cette méthode permet de contrôler précisément le fonctionnement des alambics et la qualité du distillat obtenu.

Elle participe également à positionner REYKA dans une approche plus artisanale de la vodka, malgré son appartenance à l’un des grands groupes familiaux mondiaux du secteur des spiritueux.

La filtration sur roche volcanique

Après la distillation intervient probablement l’étape la plus emblématique de REYKA.

La vodka est filtrée à travers de la roche volcanique.

La structure poreuse de cette roche lui permet de jouer le rôle de matériau filtrant.

L’idée possède évidemment une forte dimension islandaise, mais le procédé est réellement intégré à la production.

Cette filtration contribue à obtenir le caractère net et propre recherché par la maison.

Elle crée également un lien particulièrement cohérent entre la géologie islandaise et le produit fini.

Chez REYKA, la roche volcanique n’est donc pas uniquement représentée sur le discours de marque : elle entre directement dans le processus de fabrication.

La géothermie pour alimenter la distillerie

L’Islande possède d’importantes ressources géothermiques.

REYKA les utilise pour alimenter sa distillerie.

La chaleur naturellement présente sous la surface terrestre peut être exploitée pour produire de l’énergie renouvelable.

La production de la vodka bénéficie ainsi directement de l’activité volcanique du pays.

Cette utilisation de la géothermie complète parfaitement les deux autres éléments naturels associés à REYKA : l’eau glaciaire et la roche de lave.

Glace, lave et chaleur souterraine interviennent ainsi, à des degrés différents, dans la fabrication du même spiritueux.

Þórður Sigurðsson, le visage de REYKA à Borgarnes

La production de REYKA est également associée à Þórður Sigurðsson.

Il travaille avec la marque depuis ses débuts avant de prendre la responsabilité de la distillation.

Son parcours correspond assez bien à l’échelle de Borgarnes et à l’image développée autour de REYKA.

En parallèle de son travail à la distillerie, Þórður Sigurðsson a également exercé différentes fonctions au sein de sa communauté locale.

Cette présence locale participe à ancrer davantage la marque dans la petite ville islandaise où elle est produite.

Une vodka qui conserve une légère personnalité céréalière

Une vodka peut être recherchée pour sa neutralité presque absolue.

REYKA emprunte une voie légèrement différente.

La base céréalière associe blé et orge. Après redistillation et filtration, une partie de cette personnalité reste perceptible.

Le profil demeure évidemment très propre.

Mais derrière cette netteté apparaissent une légère douceur, une texture presque crémeuse et quelques nuances céréalières.

Des touches d’agrumes, d’anis, de fenouil ou de poivre peuvent également être perçues.

Cette discrète personnalité permet à REYKA de fonctionner aussi bien pure qu’en cocktail.

REYKA et William Grant & Sons

Derrière REYKA se trouve William Grant & Sons.

L’entreprise familiale écossaise a été fondée par William Grant à la fin du XIXe siècle.

La première distillation de Glenfiddich a lieu le jour de Noël 1887.

Plus d’un siècle plus tard, l’entreprise reste détenue par la famille et s’est développée dans de nombreuses catégories de spiritueux.

REYKA lui permet d’occuper une place particulière dans la vodka tout en appliquant une philosophie déjà présente dans certaines de ses autres marques : utiliser un outil de production spécifique pour construire une identité immédiatement reconnaissable.

L’entreprise demeure aujourd’hui familiale après six générations.

Une vodka intimement liée à l’Islande

REYKA est finalement construite autour d’un nombre assez réduit d’éléments.

Une base de grain.

Un alambic riche en cuivre.

Une eau de source glaciaire.

De la roche volcanique.

Et de l’énergie géothermique.

C’est précisément cette simplicité qui donne à la marque son identité.

Plutôt que de multiplier les traitements ou les distillations, REYKA met en avant les ressources disponibles autour de Borgarnes et un procédé de production relativement atypique pour une vodka.

Depuis 2005, elle constitue ainsi l’une des expressions les plus reconnaissables de la jeune scène des spiritueux islandais.

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MORAND : histoire de la distillerie suisse de Martigny depuis 1889

MORAND : plus d’un siècle de distillation au cœur du Valais

Installée à Martigny depuis 1889, la Distillerie MORAND est l’une des maisons historiques du Valais suisse.

Son histoire est étroitement liée aux fruits de la région et particulièrement à deux spécialités devenues emblématiques : la poire Williams et l’abricot Luizet.

La Williamine®, eau-de-vie de Poire Williams du Valais AOP, est aujourd’hui indissociable du nom MORAND.

Mais l’histoire de la maison commence plusieurs décennies avant sa création.

Depuis plus d’un siècle, quatre générations ont participé au développement d’une distillerie familiale dont l’activité accompagne aussi l’histoire agricole du Valais.

Louis Morand fonde sa distillerie en 1889

L’histoire commence en 1889.

Louis Morand n’a alors que 22 ans lorsqu’il ouvre une distillerie à Martigny-Combe avec son frère Auguste.

La distillation est déjà bien implantée dans le Valais.

Entouré par les vignobles de Martigny-Croix, Plan-Cerisier et Sommet-des-Vignes, Louis Morand commence naturellement à travailler le marc de raisin.

Il s’intéresse également aux plantes alpines.

Absinthe, génépi, liqueurs, vermouths et différentes eaux-de-vie commencent à constituer le catalogue de la jeune maison.

Louis Morand développe aussi ses propres recettes.

Parmi elles figurent notamment le Bon Valaisan, également connu sous le nom d’Élixir du Cervin, ainsi qu’une adaptation de la Liqueur du Grand-St-Bernard.

La distillerie construit progressivement son identité autour des ressources de son territoire.

MORAND s’installe à Martigny

En 1900, l’entreprise s’installe sur le site de Martigny qu’elle occupe encore aujourd’hui.

Lorsque Louis Morand décède en 1921, son fils André reprend l’activité familiale.

Cette deuxième génération va profondément transformer la maison.

Les installations sont progressivement modernisées et la production gagne en importance.

C’est surtout sous l’impulsion d’André Morand qu’apparaît le produit qui changera définitivement l’histoire de la distillerie.

La Williamine.

La naissance de la Williamine

L’eau-de-vie de poire existe déjà dans le Valais au début du XXe siècle.

Mais à partir des années 1940, plusieurs producteurs commencent à s’intéresser plus précisément à la variété Williams.

Les premiers essais réalisés chez MORAND se montrent suffisamment prometteurs pour convaincre André Morand d’aller plus loin.

La distillerie commence alors à acheter d’importantes quantités de poires Williams produites dans le Valais.

À cette époque, le fruit est essentiellement destiné à être consommé frais ou transformé en conserve.

La distillation ouvre un nouveau débouché.

MORAND fait un choix important : utiliser exclusivement la variété Williams pour cette nouvelle eau-de-vie.

Le succès dépasse rapidement les frontières du canton.

Pourquoi le nom Williamine ?

Avec le développement de son eau-de-vie de poire Williams, MORAND comprend rapidement l’importance de protéger son identité.

André Morand acquiert le nom Williamine, qui avait auparavant été utilisé par une autre distillerie suisse.

La marque Williamine® est officiellement déposée en Suisse en 1953.

Quelques années plus tard, sa protection est étendue à l’international.

Le nom devient progressivement tellement associé à l’eau-de-vie de poire Williams que Williamine est parfois utilisé comme s’il désignait une catégorie entière.

Il s’agit pourtant bien d’une marque appartenant à MORAND.

La Williamine et les vergers du Valais

Le succès de la Williamine possède également des conséquences sur l’agriculture locale.

La distillerie doit acheter des quantités importantes de fruits.

Les producteurs valaisans disposent ainsi d’un nouveau débouché pour une poire particulièrement aromatique mais fragile.

Les surfaces consacrées aux poiriers Williams augmentent.

La variété devient progressivement l’une des plus importantes du canton.

La relation entre MORAND et les vergers valaisans devient ainsi beaucoup plus profonde qu’une simple relation entre producteur et fournisseur.

La Williamine contribue directement à valoriser le fruit local.

Aujourd’hui encore, MORAND utilise exclusivement des poires Williams provenant du Valais pour son eau-de-vie emblématique.

12 kg de fruits pour un litre de Williamine

Le savoir-faire MORAND commence par la sélection des fruits.

Les poires sont récoltées à maturité puis acheminées à Martigny.

Elles sont triées manuellement.

Les fruits retenus sont ensuite broyés avant leur mise en fermentation.

Chez MORAND, la fermentation des fruits peut durer entre 10 et 30 jours selon leur nature.

Vient ensuite la distillation.

La maison utilise des alambics Holstein en cuivre équipés d’une colonne de rectification à trois plateaux.

Le processus est volontairement lent.

Seul le cœur de la distillation est conservé afin de privilégier la finesse et l’intensité aromatique.

Pour produire un litre de Williamine à 43 %, environ 12 kg de poires Williams sont nécessaires.

Le temps après la distillation

Une eau-de-vie de fruit ne termine pas son évolution lorsqu’elle quitte l’alambic.

Après distillation, MORAND conserve ses eaux-de-vie à haut degré en cuves.

Une période minimale de six à huit mois est nécessaire pour leur maturation.

Cette étape permet au spiritueux de gagner en harmonie avant sa réduction et sa mise en bouteille.

L’absence de vieillissement sous bois permet également de préserver l’identité du fruit.

La poire doit rester au centre de la Williamine.

Cette philosophie se retrouve dans les autres grandes eaux-de-vie de fruits produites par la maison.

L’Abricotine et l’abricot Luizet

Si la Williamine est devenue le produit le plus célèbre de MORAND, l’abricot occupe également une place essentielle dans l’histoire de la distillerie.

La maison travaille notamment l’abricot Luizet, variété traditionnelle du Valais.

MORAND possède ses propres vergers sur les coteaux de Saxon.

Comme pour la poire, les fruits sont récoltés mûrs puis soigneusement sélectionnés avant fermentation et distillation.

L’Abricotine® AOP constitue ainsi l’autre grande spécialité historique de la maison.

Poire Williams et abricot Luizet représentent deux expressions différentes d’une même philosophie : concentrer le caractère d’un fruit valaisan dans une eau-de-vie.

Quatre générations de la famille MORAND

Après André Morand, la troisième génération poursuit le développement de la distillerie.

En 1958, Louis Morand reprend l’entreprise avec sa sœur Colette Vocat.

La maison connaît ensuite plusieurs décennies de croissance.

Dans les années 1970, son développement devient davantage international.

Les années 1980 constituent une période particulièrement importante pour la distillerie.

L’histoire connaît également des épisodes plus difficiles.

En 1990, un incendie détruit notamment deux entrepôts.

L’entreprise poursuit néanmoins son activité et adapte progressivement sa structure.

À partir de 2004, une quatrième génération prend une place active dans la maison.

La famille reste aujourd’hui impliquée dans la direction et le conseil d’administration.

Plus que des eaux-de-vie

Au fil du temps, MORAND a considérablement élargi son savoir-faire.

La distillerie produit naturellement ses célèbres eaux-de-vie de fruits, mais également des liqueurs, des spiritueux à base de plantes et des sirops.

Cette diversification permet à la maison de continuer à évoluer sans abandonner son identité historique.

Le fruit et les plantes du Valais restent au cœur de nombreuses créations.

La Williamine demeure cependant la référence emblématique de la distillerie.

Une maison indissociable du Valais

Plus de 135 ans après sa fondation, MORAND reste installée à Martigny.

Cette continuité est essentielle pour comprendre son identité.

La maison ne se contente pas d’utiliser l’image du Valais.

Elle travaille directement avec son agriculture et participe depuis plusieurs générations à la valorisation de ses fruits.

L’histoire de la Williamine en constitue probablement le meilleur exemple.

En transformant la poire Williams en une eau-de-vie reconnue bien au-delà des frontières suisses, MORAND a également contribué à développer la culture de cette variété dans le canton.

C’est cette relation entre fruit, territoire et distillation qui continue aujourd’hui de définir la maison.

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BRANA : histoire de la Maison, du vignoble d’Irouléguy à la distillerie d’Ossès

BRANA : une Maison de vins et spiritueux au cœur du Pays Basque

Fondée en 1897, la Maison BRANA fait partie des acteurs historiques du vin et des spiritueux au Pays Basque.

Son histoire s’est construite progressivement autour de plusieurs métiers. Négociants en vins à l’origine, les Brana deviennent distillateurs avant de participer activement au renouveau du vignoble d’Irouléguy.

Aujourd’hui, BRANA réunit ainsi deux univers complémentaires : le Domaine BRANA et sa production de vins d’Irouléguy, ainsi que la distillerie familiale d’Ossès où sont élaborés eaux-de-vie de fruits, liqueurs, gins et whiskies.

Plus d’un siècle après sa création, la maison reste profondément associée à son territoire tout en continuant à expérimenter de nouvelles catégories de spiritueux.

Une histoire qui commence en 1897

L’histoire de BRANA débute en 1897 au Pays Basque.

La famille développe d’abord une activité autour du commerce du vin.

Au fil des générations, son activité évolue.

La distillation prend progressivement une place importante et permet à la maison de développer une gamme d’eaux-de-vie.

Le fruit devient alors l’une des grandes signatures de BRANA.

Poire William, framboise, prune ou encore marc d’Irouléguy sont travaillés afin de produire des eaux-de-vie dans lesquelles la matière première reste immédiatement identifiable.

Cette recherche autour du fruit conduira plus tard la maison vers des créations plus inhabituelles, notamment le cédrat et la clémentine de Corse.

BRANA et la renaissance du vignoble d’Irouléguy

L’histoire de BRANA ne se limite pourtant pas à la distillation.

En 1984, Jean Brana décide de développer un domaine viticole dans l’appellation Irouléguy.

Le projet participe notamment au retour du vin blanc dans un vignoble où celui-ci avait presque disparu pendant plusieurs décennies.

Le vignoble BRANA s’installe progressivement sur plusieurs communes du Pays Basque.

Les vignes occupent un environnement de montagne exigeant, avec de nombreuses parcelles travaillées en terrasses.

Grès, argilites, calcaires et schistes participent à la diversité des terroirs.

Cette implantation permet à BRANA de travailler différents cépages historiques du Pays Basque et de produire vins rouges, blancs et rosés sous l’appellation Irouléguy.

La distillerie BRANA à Ossès

La production des spiritueux est aujourd’hui concentrée à Ossès, au cœur du Pays Basque.

C’est ici que BRANA élabore ses eaux-de-vie, ses liqueurs, ses gins et ses whiskies.

Le fruit occupe toujours une place essentielle.

La maison sélectionne ses matières premières en fonction de leur potentiel aromatique, quitte à sortir du Pays Basque lorsqu’un terroir particulier offre le fruit recherché.

C’est notamment le cas des clémentines et des cédrats sélectionnés en Corse.

L’objectif reste cependant le même : ramener ces matières premières à Ossès pour les transformer au sein de la distillerie BRANA.

Martine Brana et une nouvelle génération de spiritueux

La distillerie est aujourd’hui étroitement associée à Martine Brana.

Sous son impulsion, la maison poursuit ses productions historiques tout en développant des créations plus contemporaines.

Le Gin au Piment d’Espelette constitue probablement l’un des exemples les plus connus de cette démarche.

Plutôt que de simplement reproduire un London Dry Gin classique, BRANA utilise un ingrédient emblématique du Pays Basque pour construire sa propre interprétation du gin.

Le travail autour des agrumes suit une logique similaire.

Le cédrat puis la clémentine permettent d’explorer des eaux-de-vie dans lesquelles la fraîcheur et les huiles essentielles du fruit jouent un rôle majeur.

L’Eau-de-Vie de Clémentine de Corse

Parmi les créations originales de la maison, l’Eau-de-Vie de Clémentine occupe une place particulière.

BRANA sélectionne de petites plantations corses produisant des clémentines issues de l’agriculture biologique et bénéficiant de l’IGP Clémentine de Corse.

Les fruits sont cueillis sur l’arbre puis transportés jusqu’au Pays Basque sous température contrôlée.

À leur arrivée, ils sont découpés puis placés en macération.

La durée de cette étape n’est pas simplement déterminée par un calendrier fixe.

La macération est régulièrement dégustée afin de choisir le moment où l’équilibre aromatique est jugé optimal pour commencer la distillation.

L’eau-de-vie obtenue est ensuite élevée en cuve inox.

L’absence de bois permet de conserver une expression particulièrement pure de la clémentine.

De l’eau-de-vie au gin

La diversification de BRANA ne s’arrête pas aux eaux-de-vie.

La maison développe également plusieurs gins.

Le Gin au Piment d’Espelette permet d’associer la structure traditionnelle du gin à l’une des épices les plus emblématiques de la gastronomie basque.

Un Gin au Citron Vert complète cette approche avec un profil davantage orienté vers les agrumes.

BRANA applique ainsi à la catégorie du gin une philosophie déjà présente dans ses eaux-de-vie : partir d’un ingrédient identifiable et chercher à préserver son caractère.

LAMINAK : le whisky selon BRANA

BRANA s’est également tournée vers le whisky.

La gamme LAMINAK permet à la maison d’explorer une nouvelle catégorie tout en utilisant son expérience de la distillation et du vieillissement.

Plusieurs expressions ont été développées, notamment autour de finitions en fûts de Bourbon, de Porto ou de profils tourbés.

Le nom fait référence aux Laminak, créatures de la mythologie basque.

Cette arrivée dans le whisky illustre l’évolution de BRANA.

La maison historique d’eaux-de-vie et de vins n’abandonne pas ses racines, mais utilise son expérience pour explorer de nouveaux spiritueux.

Une maison entre tradition et expérimentation

L’identité de BRANA repose finalement sur cette dualité.

D’un côté, plus d’un siècle d’histoire familiale, un domaine viticole en Irouléguy et une longue expérience de la distillation.

De l’autre, une volonté constante d’expérimenter.

Clémentine de Corse, cédrat, Piment d’Espelette, gin ou whisky viennent ainsi compléter les productions plus traditionnelles.

La maison ne se limite donc plus à une seule catégorie.

Elle constitue aujourd’hui un ensemble réunissant vigneron, distillateur et créateur de spiritueux au cœur du Pays Basque.

Pourquoi découvrir les spiritueux BRANA ?

Découvrir BRANA permet d’explorer une vision particulièrement locale de la distillation française.

Les eaux-de-vie privilégient la pureté du fruit.

Les gins utilisent certains ingrédients directement associés au territoire basque.

Les whiskies montrent une facette plus récente et expérimentale de la maison.

Cette diversité permet surtout de suivre l’évolution d’une entreprise familiale fondée au XIXe siècle et toujours active plus de cent vingt ans plus tard.

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Brana chez Hannibal

COMPASS BOX : histoire de la maison de whisky écossaise

COMPASS BOX : l’art moderne de l’assemblage du whisky écossais

Fondée en 2000 par John Glaser, COMPASS BOX a contribué à renouveler la manière de parler du whisky d’assemblage écossais. La maison ne s’est pas construite autour d’une distillerie unique. Son savoir-faire repose sur un autre métier : sélectionner des whiskies écossais, travailler leur maturation et les assembler afin d’obtenir un profil aromatique précis.

Chez COMPASS BOX, le blending n’est donc pas seulement utilisé pour reproduire un goût constant. Il devient un véritable outil de création.

Whiskies de malt, whiskies de grain, chêne américain ou européen, anciens fûts de Bourbon ou de Sherry et maturations complémentaires constituent autant d’éléments à la disposition de l’équipe chargée des assemblages.

Cette philosophie a permis à COMPASS BOX de développer une identité singulière dans l’univers du whisky écossais contemporain.

John Glaser et la naissance de COMPASS BOX

L’histoire de COMPASS BOX commence avec John Glaser, un Américain installé au Royaume-Uni après avoir travaillé dans l’industrie du Scotch whisky.

À la fin des années 1990, il développe une conviction : l’assemblage peut être abordé avec beaucoup plus de liberté et devenir un véritable acte de création.

COMPASS BOX voit officiellement le jour en 2000.

Les débuts sont modestes. John Glaser travaille à petite échelle et participe directement à la commercialisation de ses premières bouteilles.

Pour lancer sa maison, il aurait pu choisir le chemin relativement évident du malt.

Il fait exactement l’inverse.

Sa première création met à l’honneur une catégorie alors beaucoup moins valorisée : le whisky de grain.

Son nom : Hedonism.

Hedonism : le premier whisky de COMPASS BOX

Au début des années 2000, le whisky de grain reste largement dans l’ombre du Single Malt. Il est principalement connu comme l’un des composants nécessaires à l’élaboration des Blended Scotch Whiskies.

Avec Hedonism, COMPASS BOX décide de le placer au centre de la bouteille.

Des whiskies de grain suffisamment matures sont sélectionnés pour leur texture et leurs arômes. Vanille, crème, fruits, caramel et épices douces peuvent alors révéler une facette beaucoup plus complexe de cette catégorie.

Le grain n’est plus simplement utilisé pour alléger un assemblage.

Il devient le sujet principal.

Cette première création résume déjà une grande partie de la philosophie de COMPASS BOX : l’origine prestigieuse d’un whisky compte moins que ce qu’il peut réellement apporter à l’assemblage.

COMPASS BOX, une maison de whisky sans distillerie

COMPASS BOX fonctionne différemment d’une distillerie traditionnelle.

La maison sélectionne des whiskies produits par différentes distilleries écossaises. Certains proviennent de producteurs de malt, d’autres de grandes distilleries de grain. Des stocks issus de distilleries aujourd’hui fermées peuvent également être utilisés lorsque ceux-ci sont disponibles.

Le savoir-faire de COMPASS BOX repose principalement sur trois éléments : la sélection des whiskies, le travail du bois et l’assemblage.

Chaque composant possède une fonction.

Un whisky tourbé peut apporter de la fumée. Un malt fruité donnera davantage de fraîcheur. Un vieux whisky de grain pourra développer une texture crémeuse et des arômes de vanille. Un whisky élevé en fût de Sherry apportera davantage de richesse, de fruits secs ou d’épices.

Le travail de l’assembleur consiste à trouver les proportions capables de transformer ces différentes personnalités en un whisky cohérent.

Le bois au cœur du travail de COMPASS BOX

Le choix des fûts occupe une place essentielle dans la philosophie de la maison.

COMPASS BOX travaille notamment avec différents types de chêne ainsi qu’avec des barriques ayant précédemment contenu du Bourbon ou du Sherry.

La chauffe du bois, son origine et son utilisation précédente peuvent profondément modifier le caractère d’un whisky.

Certains composants peuvent également connaître une maturation supplémentaire avant d’être intégrés à l’assemblage définitif.

Le fût n’est donc pas considéré comme un simple récipient destiné à faire vieillir le whisky.

Il devient l’un des outils permettant de construire son profil aromatique.

Des recettes plutôt qu’une course à l’âge

Cette approche explique pourquoi COMPASS BOX ne construit pas systématiquement ses créations autour d’une mention d’âge.

L’objectif est d’abord d’obtenir un résultat aromatique précis.

Un whisky relativement jeune mais particulièrement expressif peut parfaitement être associé à un composant beaucoup plus âgé lorsque les deux se complètent.

Le travail se rapproche alors d’une recette.

Chaque whisky joue un rôle et les proportions sont ajustées afin d’obtenir l’équilibre recherché.

Cette philosophie permet également à COMPASS BOX de s’affranchir d’une idée longtemps très présente dans l’univers du whisky : celle selon laquelle l’âge constituerait à lui seul un indicateur de qualité.

La transparence comme signature de COMPASS BOX

COMPASS BOX s’est également distinguée par sa volonté de communiquer sur la composition de ses whiskies.

Lorsque la réglementation le permet, la maison fournit de nombreuses informations sur les composants utilisés, leurs proportions et les types de fûts sélectionnés.

Cette démarche permet de mieux comprendre le travail qui se cache derrière un assemblage.

Elle participe aussi à la volonté de COMPASS BOX de replacer le métier de blender au centre du whisky écossais.

Un assemblage n’est pas nécessairement une alternative moins prestigieuse au Single Malt. Il peut au contraire permettre une liberté impossible à obtenir avec le whisky d’une seule distillerie.

Les whiskies emblématiques de COMPASS BOX

Au fil des années, COMPASS BOX a développé plusieurs créations devenues emblématiques de la maison.

Hedonism explore principalement la richesse et la texture des whiskies de grain.

The Peat Monster travaille autour de la tourbe et de la fumée, avec une recherche d’équilibre plutôt qu’une simple course à la puissance.

The Spice Tree s’oriente vers un profil plus épicé et boisé.

Orchard House privilégie quant à lui le fruit et la fraîcheur des malts qui composent son assemblage.

The Story of the Spaniard explore davantage l’influence des fûts liés aux vins espagnols, notamment ceux ayant contenu du Sherry.

À ces références régulières s’ajoutent de nombreuses éditions limitées. Elles permettent à COMPASS BOX d’exploiter des stocks plus rares et de pousser certaines expérimentations beaucoup plus loin.

COMPASS BOX et la réhabilitation du whisky d’assemblage

Pendant plusieurs décennies, le Single Malt a occupé une place dominante dans le discours autour du whisky écossais haut de gamme.

COMPASS BOX a participé à remettre l’assemblage sur le devant de la scène.

La différence entre les deux approches est fondamentale.

Un Single Malt doit provenir d’une seule distillerie. Un assembleur dispose au contraire d’une palette beaucoup plus vaste.

Il peut associer différentes distilleries, différents âges, différents profils et plusieurs types de maturation afin de construire un whisky qui n’aurait jamais pu exister naturellement dans une seule distillerie.

Chez COMPASS BOX, cette liberté constitue précisément l’intérêt du blending.

L’assemblage devient une forme de composition.

Une identité visuelle immédiatement reconnaissable

L’originalité de COMPASS BOX ne s’arrête pas au contenu de ses bouteilles.

La maison accorde également une place importante à son identité graphique.

Gravures, illustrations, personnages et compositions parfois surréalistes donnent à chaque création son propre univers.

Les étiquettes deviennent ainsi une extension du whisky.

Cette identité visuelle particulièrement travaillée permet aujourd’hui de reconnaître assez facilement une bouteille de COMPASS BOX parmi de nombreuses références écossaises.

Hedonism en est probablement l’un des exemples les plus représentatifs.

Le départ de John Glaser et une nouvelle époque

Après près d’un quart de siècle à la tête du projet, John Glaser quitte COMPASS BOX en 2024.

La maison entre alors dans une nouvelle période de son histoire.

Le travail autour de la sélection des whiskies, du bois et de l’assemblage se poursuit avec l’équipe de blending de COMPASS BOX.

Certaines créations historiques évoluent également.

Hedonism, par exemple, est désormais proposé sous la forme d’une édition annuelle limitée. Chaque nouvelle version peut ainsi être construite en fonction des vieux stocks de grain disponibles.

Hedonism 2026 illustre particulièrement cette évolution. Cette édition fait notamment appel à des whiskies de grain provenant de Port Dundas, Cameronbridge et Strathclyde, tout en explorant davantage l’influence du Sherry.

Plus de vingt-cinq ans après la création du premier Hedonism, le whisky continue donc d’évoluer sans abandonner le principe qui avait accompagné la naissance de COMPASS BOX.

Pourquoi découvrir les whiskies COMPASS BOX ?

Découvrir COMPASS BOX permet d’aborder le whisky écossais sous un angle différent.

La question n’est plus seulement de savoir quelle distillerie a produit le whisky.

Il devient intéressant de comprendre pourquoi plusieurs whiskies ont été réunis, quel rôle joue chaque composant et comment le choix des fûts influence le résultat final.

Cette approche permet également de découvrir des whiskies de grain rarement mis en avant seuls ou de retrouver certains stocks provenant de distilleries aujourd’hui disparues.

Du caractère crémeux d’Hedonism à la fumée de The Peat Monster, chaque création explore ainsi une facette différente du Scotch whisky.

Retrouvez notre sélection de whiskies COMPASS BOX chez Le Clan Hannibal, ainsi que nos autres whiskies écossais sélectionnés en boutique à Bayonne et sur notre site.

ALABAT – La nouvelle génération du Bas-Armagnac

ALABAT, entre héritage familial et Armagnac contemporain

ALABAT est une maison d’Armagnac créée par Simon Vignau avec une ambition particulière : inscrire l’une des plus anciennes eaux-de-vie françaises dans l’univers contemporain des spiritueux sans renier son terroir ni ceux qui la produisent.

L’histoire commence pourtant bien avant la création de la marque.

À la fin des années 1940, Abel Labat, arrière-grand-père de Simon, se lance dans la production d’Armagnac. D’abord berger puis agriculteur dans les Landes, il devient propriétaire d’un petit domaine viticole situé à Saint-Gein.

Un incendie détruira malheureusement son chai et une grande partie de son travail. Quelques bouteilles sont néanmoins sauvées des flammes. Parmi elles figure notamment un millésime 1954, conservé dans la cave familiale.

Des décennies plus tard, cette histoire et la dégustation de ces anciens Armagnacs nourrissent chez Simon Vignau l’envie de renouer avec l’aventure familiale.

Une nouvelle vision de l’Armagnac

ALABAT ne cherche pourtant pas simplement à reproduire ce qui existait autrefois.

La maison veut mettre en avant l’Armagnac sous un angle plus moderne. Pour cela, elle travaille avec des producteurs indépendants et valorise directement leur savoir-faire.

Deux approches coexistent aujourd’hui dans la gamme.

La Collection Horizon explore l’art de l’assemblage. On y retrouve notamment le VSOP L’Envol et le XO Héritage.

À côté, la Collection des Portraits adopte une démarche différente. Ces Armagnacs proviennent d’un seul domaine, d’un millésime précis et d’un fût unique. Ils permettent donc de découvrir très directement le travail d’un producteur et le caractère d’une eau-de-vie particulière.

Des artisans mis en lumière par des artistes

L’identité de ALABAT repose également sur la rencontre entre artisanat et création artistique.

La maison collabore notamment avec l’artiste peintre basque Anna Petrissans. Elle réalise les portraits des vigneronnes partenaires de certaines cuvées.

Ces œuvres très colorées deviennent ensuite une partie de l’identité visuelle des bouteilles. L’étiquette ne sert donc pas simplement à habiller le produit : elle raconte directement les personnes qui se trouvent derrière l’Armagnac.

Cette philosophie est particulièrement visible dans la Collection des Portraits.

Pour le XO Héritage, la démarche artistique prend une autre forme. Marie Vignau a représenté le chêne planté par Abel Labat. L’œuvre symbolise la transmission familiale, l’enracinement et le temps long nécessaire au vieillissement de l’Armagnac.

Des Armagnacs issus du Bas-Armagnac

ALABAT travaille notamment avec des domaines du Bas-Armagnac, territoire historiquement reconnu pour la finesse de ses eaux-de-vie.

Parmi ses partenaires figurent notamment le Domaine de Péré et le Domaine de Poutëou.

Les cuvées permettent d’explorer plusieurs cépages traditionnels de l’appellation. Le Baco occupe une place importante dans certains Single Casks, tandis que le XO Héritage associe Ugni Blanc, Colombard et Baco.

La maison valorise également la méthode traditionnelle de distillation armagnacaise et le vieillissement en chêne français.

Cette transparence permet à ALABAT de mettre davantage en avant l’origine des eaux-de-vie, les producteurs, les millésimes et les fûts utilisés.

Une maison engagée

La dimension environnementale fait également partie du projet.

ALABAT consacre 1 % de son chiffre d’affaires à la protection et à la restauration de l’environnement et appartient au mouvement 1% for the Planet.

La maison travaille par ailleurs avec des fournisseurs principalement implantés en Nouvelle-Aquitaine et limite les emballages superflus. Cette démarche rejoint sa volonté de préserver les terroirs dont dépend directement la production d’Armagnac.

Faire entrer l’Armagnac dans une nouvelle génération

Avec ALABAT, Simon Vignau cherche finalement à créer un pont entre plusieurs générations.

D’un côté se trouvent l’histoire d’Abel Labat, les vignobles landais, la distillation armagnacaise et le long vieillissement en fût. De l’autre apparaissent des artistes contemporains, une identité graphique très marquée et une nouvelle manière de présenter les producteurs.

ALABAT ne possède donc pas le profil classique d’une vieille maison familiale restée inchangée pendant plusieurs générations. Il s’agit plutôt d’une renaissance de l’héritage familial, construite autour du travail de producteurs partenaires.

Cette approche donne à la maison une identité particulièrement reconnaissable. Chaque bouteille cherche à raconter simultanément un terroir, un artisan et une histoire.

Champagne CASTERS LIÉBART – Maison familiale à Damery

CASTERS LIÉBART : une histoire familiale au cœur de la Vallée de la Marne

La maison CASTERS LIÉBART est installée à Damery, village viticole de la Vallée de la Marne. Derrière ses Champagnes se trouve une histoire familiale construite sur plusieurs générations de vignerons et sur la réunion de deux familles intimement liées au vignoble champenois.

Les racines de l’histoire remontent au XIXe siècle. Des sources locales situent les débuts des familles à 1857 et 1870, avant que plusieurs générations ne poursuivent l’activité viticole.

Un événement marque particulièrement l’histoire contemporaine de la maison : en 1969, Vincent Caster épouse Liliane Liébart. Cette union rapproche deux familles de vignerons et participe à la construction de l’identité actuelle de CASTERS LIÉBART. Certaines cuvées rendent aujourd’hui directement hommage aux membres de cette histoire familiale.

Un domaine familial à Damery

Aujourd’hui, l’exploitation est associée à David et Cécile, qui poursuivent cette histoire familiale. Le vignoble représente environ 11 hectares, principalement autour de Damery, dans la Vallée de la Marne.

Cette implantation joue naturellement un rôle majeur dans le style de la maison. La Vallée de la Marne possède une forte tradition autour du Pinot Meunier. Toutefois, CASTERS LIÉBART travaille différents cépages champenois afin de construire une gamme aux expressions variées.

La maison reste à une échelle familiale. Elle privilégie ainsi des cuvées identitaires et des productions relativement confidentielles plutôt qu’une logique de très grands volumes.

Des cuvées qui racontent la famille

L’une des particularités de CASTERS LIÉBART réside dans le lien entretenu entre les Champagnes et l’histoire familiale.

La Cuvée Vincent en constitue un excellent exemple. Elle rend hommage à Vincent, figure centrale dans le rapprochement des familles Caster et Liébart. Cette cuvée met particulièrement en avant le Chardonnay et recherche un profil frais, floral et élégant.

D’autres expressions permettent à la maison d’explorer les différents visages du vignoble champenois. Pinot Meunier, Pinot Noir et Chardonnay sont ainsi utilisés seuls ou assemblés selon les cuvées.

Cette diversité permet de passer d’un Champagne gourmand et fruité à une expression beaucoup plus tendue et minérale.

Une approche artisanale du Champagne

Chez CASTERS LIÉBART, la vigne et le temps restent au centre du travail.

Les Champagnes bénéficient d’une seconde fermentation en bouteille et d’un vieillissement sur lies qui permet de développer progressivement leur complexité. La Cuvée Vincent, par exemple, passe environ trois années sur lies avant sa commercialisation.

Ce temps d’élevage apporte des arômes secondaires de brioche, de pain grillé et de pâtisserie tout en conservant le caractère du fruit.

La maison recherche ainsi un équilibre entre fraîcheur, gourmandise et expression des cépages. Chaque cuvée possède son identité propre tout en conservant le fil conducteur familial du domaine.

CASTERS LIÉBART, une Champagne de vigneron

Découvrir CASTERS LIÉBART, c’est donc découvrir une maison à taille humaine où l’histoire familiale occupe une place centrale.

Depuis les premières générations de vignerons du XIXe siècle jusqu’à l’exploitation actuelle, le domaine s’est construit autour de la transmission. Les noms donnés aux différentes cuvées prolongent cette histoire jusque sur les bouteilles.

Cette approche donne aux Champagnes CASTERS LIÉBART une identité différente de celle des grandes maisons de négoce. Ici, le vignoble familial, les cépages et les générations successives constituent directement le récit de la maison.

Installée à Damery, CASTERS LIÉBART représente ainsi une expression familiale de la Vallée de la Marne : des Champagnes élaborés en petites quantités, une histoire profondément liée au territoire et des cuvées pensées pour exprimer différentes facettes du vignoble champenois.

Histoire de MILHÒC

Histoire de MILHÒC

L’histoire de MILHÒC commence bien avant la première distillation de whisky.

Elle trouve ses racines dans l’histoire de la famille Lesgourgues et dans son rapport au maïs.

En 1932, Maurice Lesgourgues développe une activité liée aux semences de maïs à Peyrehorade.

La génération suivante poursuit cette aventure avant qu’un autre chapitre ne commence en 1974.

Cette année-là, Jean-Jacques Lesgourgues reprend le Château de Laubade, propriété historique située au cœur du Bas-Armagnac.

La famille développe progressivement le domaine et acquiert une connaissance approfondie de la distillation et surtout du vieillissement prolongé des eaux-de-vie sous bois.

Du Bas-Armagnac au whisky

Plusieurs décennies plus tard, cette double histoire finit par se rejoindre.

D’un côté se trouve le maïs.

De l’autre, plusieurs générations d’expérience dans la production et le vieillissement des spiritueux.

En 2020, le projet MILHÒC voit le jour en Gascogne.

Le choix du nom est particulièrement symbolique : milhòc désigne le maïs en gascon.

La céréale devient donc immédiatement le cœur de l’identité de la marque.

Pour la famille Lesgourgues, produire un whisky à majorité de maïs permet de revenir à ses racines tout en explorant une nouvelle catégorie de spiritueux.

Le maïs du domaine comme signature

Le Premier-Né est construit autour de 54 % de maïs cultivé sur le domaine familial.

Cette proportion est complétée par 46 % d’orge maltée française.

MILHÒC peut ainsi revendiquer une identité étroitement liée à son territoire.

La Gascogne n’est pas simplement l’endroit où le whisky est élevé : elle participe directement à sa matière première.

Le brassage est réalisé avec des brasseries françaises partenaires selon le cahier des charges développé pour MILHÒC.

La distillation est ensuite effectuée lentement dans un alambic à colonne en cuivre.

L’héritage de l’Armagnac dans les chais

L’expérience de la famille dans l’Armagnac devient particulièrement visible au moment de l’élevage.

Le Premier-Né utilise plusieurs familles de fûts.

Les chênes français et américains apportent leur propre empreinte. D’anciens fûts de Bourbon viennent compléter la maturation.

Enfin, les fûts ayant précédemment contenu les Armagnacs du Château de Laubade permettent de relier directement les deux univers.

Après 4 à 5 années de maturation, différents fûts sont sélectionnés puis assemblés pour construire le profil final du Premier-Né.

Le Premier-Né, premier chapitre de MILHÒC

Comme son nom l’indique, Le Premier-Né constitue la première expression de la marque.

Il définit immédiatement les éléments qui deviendront la signature de MILHÒC : une majorité de maïs, une identité gasconne affirmée, une distillation lente et un travail important autour des différents types de fûts.

MILHÒC développe ensuite une seconde expression, Première Flamme, plus puissante.

Le Premier-Né demeure cependant la porte d’entrée naturelle dans cet univers.

Avec ses 45 % vol., son absence de coloration et de filtration à froid, il présente une expression accessible mais suffisamment structurée pour intéresser les amateurs de whisky français.

Histoire du Château de Laubade

Histoire du Château de Laubade

Le Château de Laubade est situé au cœur du Bas-Armagnac, dans le Gers.

Le domaine est fondé en 1870 et devient progressivement l’une des propriétés emblématiques de l’appellation.

Son histoire moderne est intimement liée à la famille Lesgourgues, qui développe une philosophie assez particulière dans l’univers de l’Armagnac : maîtriser directement les différentes étapes de production, depuis la vigne jusqu’au vieillissement des eaux-de-vie.

Un véritable domaine viticole

Contrairement à certaines maisons d’Armagnac travaillant principalement comme négociants, Laubade dispose de son propre vignoble.

Les raisins utilisés pour ses eaux-de-vie proviennent ainsi directement de la propriété.

Plusieurs cépages traditionnels de l’Armagnac y sont cultivés, notamment l’Ugni Blanc, la Folle Blanche, le Colombard et le Baco.

Cette diversité permet au domaine de travailler séparément les caractéristiques de chaque variété avant de décider de leur élevage ou de leur assemblage.

Une distillation réalisée au domaine

La distillation constitue également une étape essentielle de la philosophie de Laubade.

Les vins sont distillés dans l’alambic armagnacais traditionnel à colonne.

Les eaux-de-vie obtenues rejoignent ensuite les différents chais de la propriété.

Laubade dispose de plusieurs bâtiments présentant des conditions différentes d’humidité et de température.

Le choix du chai devient ainsi lui-même un élément du vieillissement.

Le chêne de Gascogne

Le bois occupe une place particulièrement importante dans le travail du Château de Laubade.

Les eaux-de-vie sont traditionnellement élevées dans des pièces de chêne de Gascogne.

Le choix du bois, la taille du fût et surtout son niveau de chauffe peuvent profondément modifier le profil final de l’Armagnac.

C’est précisément cette dimension que le domaine décide d’explorer avec XF.

Les Curiosités de Laubade

En 2019, la famille Lesgourgues lance la collection Les Curiosités de Laubade.

Son objectif est différent des assemblages traditionnels de la maison.

Cette collection devient un véritable laboratoire consacré à l’Armagnac. Le domaine y explore des cépages particuliers, différents types de vieillissement ou encore des affinages inhabituels.

Certaines expérimentations utilisent par exemple des fûts ayant précédemment contenu d’autres vins ou spiritueux.

XF s’inscrit parfaitement dans cette démarche.

Cette fois, ce n’est pas l’origine du fût qui est au centre de l’expérience, mais son niveau de chauffe.

XF, le pionnier

Pour cette expérience, Laubade travaille avec la tonnellerie Doreau sur une chauffe particulièrement intense.

L’Ugni Blanc distillé en 2015 est placé dans un fût de chêne de Gascogne de 420 litres ayant subi cette chauffe Extra Forte.

Après plusieurs années de vieillissement, le résultat surprend par son équilibre.

Le bois apporte énormément de caractère sans supprimer la fraîcheur naturelle de l’eau-de-vie.

La maison décide alors d’isoler ce fût et d’en proposer une édition limitée.

Seulement 943 bouteilles numérotées sont produites.

Cette expérimentation reçoit ensuite une reconnaissance importante avec le Prix Amorim Top Series du Spiritueux de l’Année, distinction mise en avant par le Château de Laubade.

XF représente ainsi parfaitement la philosophie des Curiosités : partir des traditions de l’Armagnac pour explorer de nouvelles façons de travailler le cépage, le bois et le vieillissement.

Histoire du Château de Lancyre

Histoire du Château de Lancyre

Le Château de Lancyre est installé à Valflaunès, au cœur du vignoble du Pic Saint-Loup.

Son histoire est profondément liée à ce paysage du nord de Montpellier, dominé par les reliefs calcaires et la végétation de garrigue.

Le domaine est aujourd’hui une propriété familiale d’environ 80 hectares, produisant des vins en AOP Pic Saint-Loup, AOP Languedoc et IGP Saint-Guilhem-le-Désert.

Un domaine historique du Pic Saint-Loup

Le Château de Lancyre tire son nom du hameau dans lequel il est installé.

L’histoire du lieu est ancienne. La partie la plus ancienne du bâtiment actuel correspond notamment au caveau de dégustation, dont les voûtes remontent au XVIe siècle.

Le patrimoine du domaine comprend également la chapelle d’Aleyrac, édifice d’origine romane situé au milieu des vignes. Elle fut restaurée au XIXe siècle.

Le vignoble s’étend aujourd’hui au milieu d’un paysage typiquement méditerranéen.

Les parcelles côtoient la garrigue, tandis que le Pic Saint-Loup et les premiers reliefs des Cévennes influencent directement le climat.

La famille Valentin

Le développement moderne du Château de Lancyre est intimement lié à la famille Valentin.

Au fil des générations, le vignoble s’est développé tandis que les méthodes culturales et les équipements du chai ont évolué.

Le domaine a notamment travaillé dès les années 1970 sur une conduite plus raisonnée de son vignoble.

Aujourd’hui, Régis Valentin poursuit cette histoire familiale.

La propriété s’est imposée comme l’un des domaines bien identifiés de l’appellation Pic Saint-Loup.

Un vignoble au cœur de la garrigue

Le terroir joue un rôle essentiel dans l’identité de Lancyre.

Les cépages rouges traditionnels du Languedoc occupent naturellement une place importante. On retrouve notamment Syrah, Grenache, Mourvèdre, Cinsault et Carignan.

Les blancs sont représentés par la Roussanne, la Marsanne et le Viognier.

Cependant, le domaine ne cherche pas uniquement la puissance méditerranéenne.

La situation septentrionale du Pic Saint-Loup permet de conserver davantage de fraîcheur.

Cette particularité devient l’une des signatures des vins de Lancyre.

Vieilles Vignes, une cuvée historique

La cuvée Vieilles Vignes appartient à la gamme Signature du domaine et existe depuis 1984.

Elle est construite autour d’une sélection parcellaire de vieilles vignes.

L’assemblage de 65 % Syrah et 35 % Grenache cherche à traduire l’équilibre caractéristique du domaine : un fruit mûr et généreux accompagné d’une fraîcheur persistante.

Vieilles Vignes occupe ainsi une position particulièrement intéressante dans la gamme.

Plus profonde qu’une cuvée d’entrée de gamme, elle reste néanmoins centrée sur le fruit et le terroir grâce à son élevage en cuve.

Elle constitue donc une excellente introduction au style du Château de Lancyre et, plus largement, aux grands rouges du Pic Saint-Loup.

Histoire du Domaine François Crochet

Histoire du Domaine François Crochet

Le Domaine François Crochet est installé à Bué, l’un des villages historiques du vignoble de Sancerre.

L’histoire de la propriété est familiale. François Crochet est le fils de Robert et Marie-Solange Crochet et représente une nouvelle génération d’une famille installée depuis longtemps dans le vignoble.

Après ses expériences et sa formation, François revient travailler au domaine familial. Il s’installe comme vigneron à Bué en 1998.

Il développe progressivement une approche beaucoup plus parcellaire du vignoble.

Bué et les grands terroirs du Sancerrois

Bué possède une place particulière dans l’appellation Sancerre.

Le village est notamment réputé pour ses terroirs calcaires. Les fameuses caillottes permettent au Sauvignon Blanc de développer des vins particulièrement fins, tendus et précis.

François Crochet travaille également d’autres formations géologiques.

Les terres argilo-calcaires apportent davantage de matière. Les parcelles de silex développent une expression différente, souvent plus pierreuse.

Cette diversité va progressivement devenir l’une des grandes forces du domaine.

Une approche parcellaire

François Crochet cherche à traduire ces différences dans ses vins.

À côté du Sancerre Blanc classique, le domaine développe donc plusieurs cuvées issues de lieux précis.

Cette approche permet d’explorer les différentes expressions du Sauvignon Blanc sur les terroirs de Sancerre.

Le Sancerre Blanc joue alors un rôle essentiel dans la gamme.

Plutôt que de représenter un terroir unique, il rassemble plusieurs parcelles. Il permet ainsi de découvrir le style général du domaine et l’identité du vignoble de Bué.

Cette caractéristique prend une dimension encore plus intéressante sur le millésime 2024 puisque la cuvée rassemble exceptionnellement une part plus large des terroirs de Sauvignon du domaine.

Agriculture biologique et biodynamique

Le travail dans les vignes occupe une place fondamentale dans la philosophie de François Crochet.

Le domaine est aujourd’hui certifié en agriculture biologique et en biodynamie, avec notamment la certification Biodyvin.

Les vendanges sont réalisées manuellement.

À la cave, les fermentations spontanées permettent ensuite de limiter les interventions et de préserver l’identité des raisins.

Les élevages sont adaptés à chaque cuvée.

Pour le Sancerre Blanc, l’utilisation de la cuve inox et des lies fines permet de préserver la fraîcheur du Sauvignon tout en développant sa texture.

Une référence du Sancerrois

Au fil des années, François Crochet s’est imposé parmi les producteurs reconnus de Sancerre.

Son travail se distingue notamment par la précision des vins et leur capacité à traduire les différences de terroirs.

La cuvée Sancerre Blanc constitue probablement la meilleure introduction à cette philosophie.

Elle ne cherche pas la démonstration. Le fruit reste précis, l’acidité apporte de la tension et la minéralité structure la finale.

C’est cette combinaison qui donne au vin son caractère particulièrement gastronomique.

Histoire du Domaine Chanson

Histoire du Domaine Chanson

L’histoire de Chanson commence à Beaune en 1750.

La maison fait ainsi partie des anciennes maisons viticoles de Bourgogne. Son développement est intimement lié à la Côte de Beaune et à l’histoire du négoce bourguignon.

Aujourd’hui, le domaine possède 43 hectares en Côte de Beaune et 45 hectares en Côte Chalonnaise.

Cette implantation lui permet de travailler un ensemble important d’appellations bourguignonnes, avec une présence particulièrement marquée dans les Premiers et Grands Crus.

Le Bastion de l’Oratoire

L’un des symboles de Chanson est son spectaculaire Bastion de l’Oratoire, situé à Beaune.

Cette ancienne construction défensive possède des murs atteignant plusieurs mètres d’épaisseur.

Chanson l’utilise depuis le XVIIIe siècle pour l’élevage et la conservation de ses vins.

La température et l’humidité naturellement stables offrent des conditions particulièrement adaptées au vieillissement des grands vins de Bourgogne.

Ce bâtiment est aujourd’hui indissociable de l’identité de la maison.

De la Côte de Beaune à la Côte Chalonnaise

Si Chanson est historiquement installé à Beaune, le domaine possède désormais une implantation importante en Côte Chalonnaise.

Cette région constitue le prolongement naturel de la Côte de Beaune vers le sud.

Montagny y occupe une place particulière.

Contrairement à plusieurs autres appellations bourguignonnes, Montagny se consacre exclusivement au Chardonnay.

Chanson y recherche une expression fraîche et minérale du cépage.

Le Montagny Premier Cru chez Chanson

Le Montagny Premier Cru illustre parfaitement cette philosophie.

Le terroir situé à mi-coteau bénéficie d’une exposition orientée vers l’est. Les sols de marnes et de calcaires apportent fraîcheur et minéralité.

L’élevage relativement long permet ensuite au vin de gagner en profondeur.

Pour autant, Chanson cherche à conserver la pureté du Chardonnay.

Le résultat se situe donc à l’équilibre entre deux dimensions : d’un côté, une texture suffisamment dense pour rappeler le statut de Premier Cru ; de l’autre, une fraîcheur citronnée et minérale qui constitue la véritable signature de la cuvée.

Histoire de la Maison Darroze

Histoire de la Maison Darroze

L’histoire des Armagnacs Darroze est profondément liée à la gastronomie et aux traditions de la Gascogne.

Elle prend véritablement forme avec Francis Darroze. Issu d’une famille de restaurateurs, il développe très tôt une connaissance approfondie des produits et des producteurs de sa région.

À partir des années 1950, il parcourt les domaines gascons et découvre dans leurs chais des eaux-de-vie parfois conservées depuis plusieurs décennies.

Ces vieux Armagnacs vont devenir le point de départ d’une aventure singulière.

À la recherche des Armagnacs de propriétaires

Francis Darroze comprend rapidement que la richesse de l’Armagnac réside en grande partie dans la diversité de ses producteurs.

Chaque domaine possède ses propres parcelles. Les sols peuvent varier, tout comme les cépages, les pratiques de distillation et les conditions d’élevage.

Plutôt que d’effacer ces différences par de grands assemblages, Darroze choisit de les préserver.

Il sélectionne donc directement des eaux-de-vie auprès des propriétés.

À partir des années 1970, la maison dispose de ses propres installations afin de poursuivre leur élevage dans des conditions maîtrisées.

Une philosophie fondée sur le terroir

Cette approche donne naissance à ce qui deviendra la Collection Unique.

Son principe est simple : mettre en avant un domaine, un millésime et une eau-de-vie.

Les différents domaines ne sont pas assemblés entre eux. Les millésimes restent également séparés.

C’est pourquoi il peut exister plusieurs Darroze 1976 provenant de propriétés différentes.

Le domaine indiqué sur la bouteille peut ainsi changer selon les lots disponibles. Un Domaine de Mandillet 1976, par exemple, possède sa propre identité tout en appartenant à cette même philosophie de sélection Darroze.

Marc Darroze et la nouvelle génération

Le travail initié par Francis Darroze est ensuite poursuivi par son fils Marc Darroze.

La maison développe ses relations avec les producteurs tout en constituant une importante collection de millésimes.

Cette profondeur de stock permet aujourd’hui à Darroze de proposer des eaux-de-vie couvrant plusieurs décennies.

Les millésimes anciens occupent naturellement une place particulière.

Ils permettent de découvrir non seulement l’évolution d’une eau-de-vie sous bois, mais également les différences entre les domaines et les terroirs du Bas-Armagnac.

Le millésime 1976 s’inscrit parfaitement dans cette philosophie. Plus qu’une recette fixe, il représente une année de récolte déclinée à travers différents domaines sélectionnés par Darroze.

Histoire du Domaine Entras

Histoire du Domaine Entras

L’histoire du Domaine Entras est celle de la famille Maestrojuan et de plusieurs générations de paysans gascons.

L’aventure familiale commence véritablement en 1948. Zoé et Miguel Maestrojuan travaillent alors comme ouvriers agricoles sur la ferme de Bordeneuve, dans le Gers.

Ils se rencontrent, se marient puis acquièrent cette même exploitation.

À cette époque, la ferme pratique la polyculture et l’élevage. La vigne occupe néanmoins déjà une place importante.

La famille produit du vin, de l’Armagnac et du Floc de Gascogne.

La famille Maestrojuan

À partir de 1968, les enfants de Zoé et Miguel participent davantage au travail de la ferme.

La famille commence progressivement à développer son activité viticole. De nouvelles plantations sont notamment réalisées à partir des années 1970.

Une étape importante intervient ensuite en 1982.

Michel et Brigitte Maestrojuan acquièrent le domaine Entras. Deux ans plus tard, ils ouvrent un point de vente directe.

Le domaine poursuit alors progressivement sa spécialisation dans la vigne et les productions gasconnes.

Une nouvelle génération

Une nouvelle étape commence en 2011.

Après avoir vinifié et travaillé dans plusieurs régions viticoles, Michel Maestrojuan revient sur le domaine familial.

Il développe alors de nouvelles cuvées et approfondit le travail parcellaire.

Colina Oeste s’inscrit parfaitement dans cette démarche.

Plutôt que d’assembler différents terroirs, cette cuvée cherche à exprimer une seule parcelle et son exposition particulière.

Le passage à l’agriculture biologique

À partir de 2015, le Domaine Entras engage une transition importante vers l’agriculture biologique.

Les molécules de synthèse sont progressivement abandonnées. Le travail des sols et l’utilisation de matières organiques prennent davantage de place.

La démarche aboutit ensuite à la certification biologique.

Aujourd’hui, Colina Oeste est ainsi présenté par le domaine comme un vin issu de l’agriculture biologique, certifié FR-BIO-10.

Cette philosophie se poursuit à la cave.

Les vinifications sont naturelles et les doses de soufre restent très faibles. Pour Colina Oeste, le domaine indique notamment un SO₂ total inférieur à 15 mg/L.

Colina Oeste, la parcelle tournée vers l’ouest

Colina Oeste constitue l’une des cuvées emblématiques du domaine.

Son nom fait directement référence à son terroir. La parcelle est située sur un coteau tourné vers le soleil couchant.

Les raisins profitent donc d’une maturation lente et progressive.

Le Merlot, le Côt et le Tannat y trouvent un équilibre particulièrement intéressant entre concentration et fraîcheur.

Cette cuvée illustre ainsi parfaitement le renouveau des vins rouges des Côtes de Gascogne. Elle associe les cépages historiques du Sud-Ouest à une approche parcellaire et peu interventionniste.

Histoire du Domaine Carroi Bon Air

Histoire du Domaine Carroi Bon Air

Le Domaine Carroi Bon Air est l’œuvre du vigneron Luc Sébille. Il est installé à Ligré, au cœur du vignoble du Chinonais.

L’aventure commence avec une petite surface d’environ 2,7 hectares.

Progressivement, le domaine se développe. Luc Sébille travaille ensuite près de 14 hectares au sein du Parc naturel régional Loire-Anjou-Touraine.

Le Cabernet Franc comme unique cépage

Luc Sébille fait un choix particulièrement clair : travailler exclusivement le Cabernet Franc.

Les vignes du domaine présentent différents âges. Certaines atteignent plusieurs décennies.

Cette diversité permet au vigneron d’explorer plusieurs expressions du même cépage.

Les terroirs jouent alors un rôle essentiel. Sables, limons, argiles et calcaires permettent au Cabernet Franc de révéler différentes facettes.

Certaines cuvées privilégient ainsi le fruit et la buvabilité. D’autres développent davantage de profondeur et de structure.

Une philosophie naturelle

Le Domaine Carroi Bon Air est conduit en agriculture biologique.

Cependant, Luc Sébille développe une approche encore plus exigeante dans les vignes.

Le travail manuel occupe une place importante. Le cheval est également utilisé pour certains travaux du sol.

Les raisins sont vendangés à la main.

À la cave, la philosophie reste identique. Les fermentations sont réalisées avec les levures indigènes.

Les interventions sont réduites au minimum. Plusieurs cuvées sont également élaborées sans ajout de soufre.

Cette méthode permet à Luc Sébille de produire des vins particulièrement libres et expressifs.

Les Débonnaires, une cuvée emblématique

Les Débonnaires est probablement l’une des cuvées les plus représentatives du style de Luc Sébille.

Le vin privilégie le fruit et la fraîcheur. Pourtant, il conserve suffisamment de structure pour ne pas devenir simplement léger.

Le Cabernet Franc s’exprime avec des fruits rouges et noirs. Les tanins restent souples, tandis que les notes florales et épicées apportent de la complexité.

Cette cuvée illustre parfaitement la philosophie de Carroi Bon Air : laisser parler le raisin et son terroir avec le moins d’artifice possible.