Distillerie des Alpes : histoire d’Eyguebelle et des spiritueux Ælred

DISTILLERIE DES ALPES : l’héritage des plantes et de la distillation française

La Distillerie des Alpes appartient à une longue tradition française de travail des plantes, des fruits, des épices et des racines.

Son univers réunit aujourd’hui plusieurs familles de produits, parmi lesquelles les liqueurs et spiritueux commercialisés sous la marque Ælred ainsi que certaines recettes historiques beaucoup plus anciennes.

Parmi elles, LA RAPHAËLLE occupe une place particulière.

Sa recette remonte à 1865 et à Hyppolite Bonal, ancien religieux devenu distillateur sous le nom qui restera associé à sa création : Frère Raphaël.

Cette histoire illustre parfaitement la philosophie de la distillerie : préserver des recettes anciennes tout en maintenant un véritable travail de macération, de distillation et de vieillissement.

Une tradition française profondément liée aux plantes

Avant d’être associées au plaisir de la dégustation, les liqueurs de plantes ont longtemps été liées à l’herboristerie.

Racines, fleurs, graines, écorces et plantes aromatiques étaient étudiées pour leurs propriétés et conservées dans les monastères, pharmacies et herbiers.

La distillation permettait d’extraire et de concentrer une partie de leurs composés.

C’est dans cet univers que s’inscrit une partie de l’héritage aujourd’hui conservé par la Distillerie des Alpes.

Le travail des plantes reste central dans plusieurs de ses créations.

Eyguebelle et Ælred

L’univers de la distillerie est aujourd’hui notamment connu à travers deux identités complémentaires.

Eyguebelle est historiquement associée aux sirops et aux liqueurs.

Ælred regroupe quant à elle différents spiritueux : liqueurs de plantes, eaux-de-vie, absinthes et autres créations de distillation.

Cette organisation permet à la maison de travailler aussi bien des recettes accessibles que des spiritueux beaucoup plus complexes.

LA RAPHAËLLE se situe tout en haut de cette seconde catégorie.

Elle appartient à la gamme des Alcools d’Exception.

Hyppolite Bonal et Frère Raphaël

L’histoire de LA RAPHAËLLE permet de remonter jusqu’au XIXe siècle.

Hyppolite Bonal entre dans la vie monastique en 1850.

Il prend alors le nom de Frère Raphaël.

Chargé de la pharmacie du monastère, il développe une connaissance approfondie des plantes et poursuit également des études médicales à Lyon.

Il devient médecin du monastère.

En 1858, Hyppolite Bonal quitte finalement la vie religieuse.

Il s’installe à Saint-Laurent-du-Pont et poursuit son travail autour des plantes et de la distillation.

1865 : naissance de LA RAPHAËLLE

En 1865, Hyppolite Bonal développe la liqueur qui prendra le nom de LA RAPHAËLLE.

La recette repose sur une quantité particulièrement importante de matières végétales.

Plantes, graines, fleurs, épices et écorces sont travaillées afin de construire un profil extrêmement complexe.

La recette traversera ensuite les générations.

Elle sera finalement reprise et préservée par Eyguebelle, permettant à cette création du XIXe siècle de continuer à être produite aujourd’hui.

Plus de 70 botaniques dans une seule liqueur

La version actuelle de LA RAPHAËLLE utilise plus de soixante-dix botaniques.

Certaines sont connues.

Mélisse, hysope, vulnéraire, thym, sauge, marjolaine, hibiscus et vanille figurent notamment parmi les ingrédients évoqués par la distillerie.

D’autres éléments restent naturellement liés au secret de fabrication.

Cette quantité considérable de matières premières nécessite une méthode plus complexe qu’une simple macération.

Plusieurs préparations sont réalisées séparément.

Macération, alcoolats et distillation

Le savoir-faire de la Distillerie des Alpes repose notamment sur la maîtrise de différentes méthodes d’extraction.

Certaines plantes peuvent être mises en macération ou en infusion.

D’autres préparations sont distillées afin d’obtenir des alcoolats.

Le cuivre joue alors un rôle important.

Il permet d’affiner le distillat et de travailler plus précisément certaines familles aromatiques.

Le Maître-Distillateur peut ensuite assembler ces différents éléments afin de construire le profil final.

Cette méthode permet de conserver une grande complexité sans laisser une seule plante dominer entièrement la dégustation.

Le rôle du vieillissement

Certaines liqueurs de plantes ne sont pas immédiatement embouteillées après leur élaboration.

LA RAPHAËLLE en constitue un exemple particulièrement intéressant.

Après l’assemblage et la distillation de ses différents composants, la liqueur est placée en foudre de chêne.

Le temps permet alors aux nombreuses familles aromatiques de s’intégrer.

Le bois apporte également davantage de profondeur.

La couleur évolue vers une robe cuivrée aux étonnants reflets verts.

La dégustation devient progressivement plus harmonieuse.

Des liqueurs de plantes aux eaux-de-vie

Le savoir-faire de la Distillerie des Alpes ne se limite pas à LA RAPHAËLLE.

La gamme Ælred permet d’explorer plusieurs catégories de spiritueux.

Liqueurs de plantes, eaux-de-vie de fruits et absinthes montrent différentes manières d’utiliser la macération et la distillation.

Le fruit peut être recherché pour sa gourmandise.

Les plantes peuvent apporter fraîcheur, amertume ou épices.

Les racines et les écorces permettent quant à elles de construire des profils beaucoup plus profonds.

Cette diversité constitue aujourd’hui l’une des signatures de la distillerie.

Une passerelle entre herboristerie et spiritueux

Les créations les plus intéressantes de la Distillerie des Alpes permettent finalement de comprendre l’origine d’une grande partie des liqueurs françaises.

Avant l’apparition des catégories modernes de spiritueux, les plantes occupaient déjà une place considérable dans les boissons alcoolisées.

Les recettes pouvaient être développées par des pharmaciens, des religieux, des herboristes ou des distillateurs.

LA RAPHAËLLE constitue un remarquable témoignage de cette époque.

Sa recette de 1865 continue d’exister plus d’un siècle et demi plus tard.

Pourquoi découvrir la Distillerie des Alpes ?

La Distillerie des Alpes offre une porte d’entrée particulièrement intéressante dans l’univers des spiritueux botaniques français.

Les recettes historiques côtoient des productions plus contemporaines.

Les méthodes traditionnelles de macération, d’infusion et de distillation permettent de travailler une grande diversité de matières premières.

Avec LA RAPHAËLLE, cette philosophie atteint probablement son expression la plus complexe.

Plus de soixante-dix botaniques, plusieurs alcoolats et élixirs, une distillation en cuivre et un vieillissement en foudre permettent de faire vivre aujourd’hui une recette dont l’histoire a commencé en 1865.

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Notre sélection

MORAND : histoire de la distillerie suisse de Martigny depuis 1889

MORAND : plus d’un siècle de distillation au cœur du Valais

Installée à Martigny depuis 1889, la Distillerie MORAND est l’une des maisons historiques du Valais suisse.

Son histoire est étroitement liée aux fruits de la région et particulièrement à deux spécialités devenues emblématiques : la poire Williams et l’abricot Luizet.

La Williamine®, eau-de-vie de Poire Williams du Valais AOP, est aujourd’hui indissociable du nom MORAND.

Mais l’histoire de la maison commence plusieurs décennies avant sa création.

Depuis plus d’un siècle, quatre générations ont participé au développement d’une distillerie familiale dont l’activité accompagne aussi l’histoire agricole du Valais.

Louis Morand fonde sa distillerie en 1889

L’histoire commence en 1889.

Louis Morand n’a alors que 22 ans lorsqu’il ouvre une distillerie à Martigny-Combe avec son frère Auguste.

La distillation est déjà bien implantée dans le Valais.

Entouré par les vignobles de Martigny-Croix, Plan-Cerisier et Sommet-des-Vignes, Louis Morand commence naturellement à travailler le marc de raisin.

Il s’intéresse également aux plantes alpines.

Absinthe, génépi, liqueurs, vermouths et différentes eaux-de-vie commencent à constituer le catalogue de la jeune maison.

Louis Morand développe aussi ses propres recettes.

Parmi elles figurent notamment le Bon Valaisan, également connu sous le nom d’Élixir du Cervin, ainsi qu’une adaptation de la Liqueur du Grand-St-Bernard.

La distillerie construit progressivement son identité autour des ressources de son territoire.

MORAND s’installe à Martigny

En 1900, l’entreprise s’installe sur le site de Martigny qu’elle occupe encore aujourd’hui.

Lorsque Louis Morand décède en 1921, son fils André reprend l’activité familiale.

Cette deuxième génération va profondément transformer la maison.

Les installations sont progressivement modernisées et la production gagne en importance.

C’est surtout sous l’impulsion d’André Morand qu’apparaît le produit qui changera définitivement l’histoire de la distillerie.

La Williamine.

La naissance de la Williamine

L’eau-de-vie de poire existe déjà dans le Valais au début du XXe siècle.

Mais à partir des années 1940, plusieurs producteurs commencent à s’intéresser plus précisément à la variété Williams.

Les premiers essais réalisés chez MORAND se montrent suffisamment prometteurs pour convaincre André Morand d’aller plus loin.

La distillerie commence alors à acheter d’importantes quantités de poires Williams produites dans le Valais.

À cette époque, le fruit est essentiellement destiné à être consommé frais ou transformé en conserve.

La distillation ouvre un nouveau débouché.

MORAND fait un choix important : utiliser exclusivement la variété Williams pour cette nouvelle eau-de-vie.

Le succès dépasse rapidement les frontières du canton.

Pourquoi le nom Williamine ?

Avec le développement de son eau-de-vie de poire Williams, MORAND comprend rapidement l’importance de protéger son identité.

André Morand acquiert le nom Williamine, qui avait auparavant été utilisé par une autre distillerie suisse.

La marque Williamine® est officiellement déposée en Suisse en 1953.

Quelques années plus tard, sa protection est étendue à l’international.

Le nom devient progressivement tellement associé à l’eau-de-vie de poire Williams que Williamine est parfois utilisé comme s’il désignait une catégorie entière.

Il s’agit pourtant bien d’une marque appartenant à MORAND.

La Williamine et les vergers du Valais

Le succès de la Williamine possède également des conséquences sur l’agriculture locale.

La distillerie doit acheter des quantités importantes de fruits.

Les producteurs valaisans disposent ainsi d’un nouveau débouché pour une poire particulièrement aromatique mais fragile.

Les surfaces consacrées aux poiriers Williams augmentent.

La variété devient progressivement l’une des plus importantes du canton.

La relation entre MORAND et les vergers valaisans devient ainsi beaucoup plus profonde qu’une simple relation entre producteur et fournisseur.

La Williamine contribue directement à valoriser le fruit local.

Aujourd’hui encore, MORAND utilise exclusivement des poires Williams provenant du Valais pour son eau-de-vie emblématique.

12 kg de fruits pour un litre de Williamine

Le savoir-faire MORAND commence par la sélection des fruits.

Les poires sont récoltées à maturité puis acheminées à Martigny.

Elles sont triées manuellement.

Les fruits retenus sont ensuite broyés avant leur mise en fermentation.

Chez MORAND, la fermentation des fruits peut durer entre 10 et 30 jours selon leur nature.

Vient ensuite la distillation.

La maison utilise des alambics Holstein en cuivre équipés d’une colonne de rectification à trois plateaux.

Le processus est volontairement lent.

Seul le cœur de la distillation est conservé afin de privilégier la finesse et l’intensité aromatique.

Pour produire un litre de Williamine à 43 %, environ 12 kg de poires Williams sont nécessaires.

Le temps après la distillation

Une eau-de-vie de fruit ne termine pas son évolution lorsqu’elle quitte l’alambic.

Après distillation, MORAND conserve ses eaux-de-vie à haut degré en cuves.

Une période minimale de six à huit mois est nécessaire pour leur maturation.

Cette étape permet au spiritueux de gagner en harmonie avant sa réduction et sa mise en bouteille.

L’absence de vieillissement sous bois permet également de préserver l’identité du fruit.

La poire doit rester au centre de la Williamine.

Cette philosophie se retrouve dans les autres grandes eaux-de-vie de fruits produites par la maison.

L’Abricotine et l’abricot Luizet

Si la Williamine est devenue le produit le plus célèbre de MORAND, l’abricot occupe également une place essentielle dans l’histoire de la distillerie.

La maison travaille notamment l’abricot Luizet, variété traditionnelle du Valais.

MORAND possède ses propres vergers sur les coteaux de Saxon.

Comme pour la poire, les fruits sont récoltés mûrs puis soigneusement sélectionnés avant fermentation et distillation.

L’Abricotine® AOP constitue ainsi l’autre grande spécialité historique de la maison.

Poire Williams et abricot Luizet représentent deux expressions différentes d’une même philosophie : concentrer le caractère d’un fruit valaisan dans une eau-de-vie.

Quatre générations de la famille MORAND

Après André Morand, la troisième génération poursuit le développement de la distillerie.

En 1958, Louis Morand reprend l’entreprise avec sa sœur Colette Vocat.

La maison connaît ensuite plusieurs décennies de croissance.

Dans les années 1970, son développement devient davantage international.

Les années 1980 constituent une période particulièrement importante pour la distillerie.

L’histoire connaît également des épisodes plus difficiles.

En 1990, un incendie détruit notamment deux entrepôts.

L’entreprise poursuit néanmoins son activité et adapte progressivement sa structure.

À partir de 2004, une quatrième génération prend une place active dans la maison.

La famille reste aujourd’hui impliquée dans la direction et le conseil d’administration.

Plus que des eaux-de-vie

Au fil du temps, MORAND a considérablement élargi son savoir-faire.

La distillerie produit naturellement ses célèbres eaux-de-vie de fruits, mais également des liqueurs, des spiritueux à base de plantes et des sirops.

Cette diversification permet à la maison de continuer à évoluer sans abandonner son identité historique.

Le fruit et les plantes du Valais restent au cœur de nombreuses créations.

La Williamine demeure cependant la référence emblématique de la distillerie.

Une maison indissociable du Valais

Plus de 135 ans après sa fondation, MORAND reste installée à Martigny.

Cette continuité est essentielle pour comprendre son identité.

La maison ne se contente pas d’utiliser l’image du Valais.

Elle travaille directement avec son agriculture et participe depuis plusieurs générations à la valorisation de ses fruits.

L’histoire de la Williamine en constitue probablement le meilleur exemple.

En transformant la poire Williams en une eau-de-vie reconnue bien au-delà des frontières suisses, MORAND a également contribué à développer la culture de cette variété dans le canton.

C’est cette relation entre fruit, territoire et distillation qui continue aujourd’hui de définir la maison.

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BRANA : histoire de la Maison, du vignoble d’Irouléguy à la distillerie d’Ossès

BRANA : une Maison de vins et spiritueux au cœur du Pays Basque

Fondée en 1897, la Maison BRANA fait partie des acteurs historiques du vin et des spiritueux au Pays Basque.

Son histoire s’est construite progressivement autour de plusieurs métiers. Négociants en vins à l’origine, les Brana deviennent distillateurs avant de participer activement au renouveau du vignoble d’Irouléguy.

Aujourd’hui, BRANA réunit ainsi deux univers complémentaires : le Domaine BRANA et sa production de vins d’Irouléguy, ainsi que la distillerie familiale d’Ossès où sont élaborés eaux-de-vie de fruits, liqueurs, gins et whiskies.

Plus d’un siècle après sa création, la maison reste profondément associée à son territoire tout en continuant à expérimenter de nouvelles catégories de spiritueux.

Une histoire qui commence en 1897

L’histoire de BRANA débute en 1897 au Pays Basque.

La famille développe d’abord une activité autour du commerce du vin.

Au fil des générations, son activité évolue.

La distillation prend progressivement une place importante et permet à la maison de développer une gamme d’eaux-de-vie.

Le fruit devient alors l’une des grandes signatures de BRANA.

Poire William, framboise, prune ou encore marc d’Irouléguy sont travaillés afin de produire des eaux-de-vie dans lesquelles la matière première reste immédiatement identifiable.

Cette recherche autour du fruit conduira plus tard la maison vers des créations plus inhabituelles, notamment le cédrat et la clémentine de Corse.

BRANA et la renaissance du vignoble d’Irouléguy

L’histoire de BRANA ne se limite pourtant pas à la distillation.

En 1984, Jean Brana décide de développer un domaine viticole dans l’appellation Irouléguy.

Le projet participe notamment au retour du vin blanc dans un vignoble où celui-ci avait presque disparu pendant plusieurs décennies.

Le vignoble BRANA s’installe progressivement sur plusieurs communes du Pays Basque.

Les vignes occupent un environnement de montagne exigeant, avec de nombreuses parcelles travaillées en terrasses.

Grès, argilites, calcaires et schistes participent à la diversité des terroirs.

Cette implantation permet à BRANA de travailler différents cépages historiques du Pays Basque et de produire vins rouges, blancs et rosés sous l’appellation Irouléguy.

La distillerie BRANA à Ossès

La production des spiritueux est aujourd’hui concentrée à Ossès, au cœur du Pays Basque.

C’est ici que BRANA élabore ses eaux-de-vie, ses liqueurs, ses gins et ses whiskies.

Le fruit occupe toujours une place essentielle.

La maison sélectionne ses matières premières en fonction de leur potentiel aromatique, quitte à sortir du Pays Basque lorsqu’un terroir particulier offre le fruit recherché.

C’est notamment le cas des clémentines et des cédrats sélectionnés en Corse.

L’objectif reste cependant le même : ramener ces matières premières à Ossès pour les transformer au sein de la distillerie BRANA.

Martine Brana et une nouvelle génération de spiritueux

La distillerie est aujourd’hui étroitement associée à Martine Brana.

Sous son impulsion, la maison poursuit ses productions historiques tout en développant des créations plus contemporaines.

Le Gin au Piment d’Espelette constitue probablement l’un des exemples les plus connus de cette démarche.

Plutôt que de simplement reproduire un London Dry Gin classique, BRANA utilise un ingrédient emblématique du Pays Basque pour construire sa propre interprétation du gin.

Le travail autour des agrumes suit une logique similaire.

Le cédrat puis la clémentine permettent d’explorer des eaux-de-vie dans lesquelles la fraîcheur et les huiles essentielles du fruit jouent un rôle majeur.

L’Eau-de-Vie de Clémentine de Corse

Parmi les créations originales de la maison, l’Eau-de-Vie de Clémentine occupe une place particulière.

BRANA sélectionne de petites plantations corses produisant des clémentines issues de l’agriculture biologique et bénéficiant de l’IGP Clémentine de Corse.

Les fruits sont cueillis sur l’arbre puis transportés jusqu’au Pays Basque sous température contrôlée.

À leur arrivée, ils sont découpés puis placés en macération.

La durée de cette étape n’est pas simplement déterminée par un calendrier fixe.

La macération est régulièrement dégustée afin de choisir le moment où l’équilibre aromatique est jugé optimal pour commencer la distillation.

L’eau-de-vie obtenue est ensuite élevée en cuve inox.

L’absence de bois permet de conserver une expression particulièrement pure de la clémentine.

De l’eau-de-vie au gin

La diversification de BRANA ne s’arrête pas aux eaux-de-vie.

La maison développe également plusieurs gins.

Le Gin au Piment d’Espelette permet d’associer la structure traditionnelle du gin à l’une des épices les plus emblématiques de la gastronomie basque.

Un Gin au Citron Vert complète cette approche avec un profil davantage orienté vers les agrumes.

BRANA applique ainsi à la catégorie du gin une philosophie déjà présente dans ses eaux-de-vie : partir d’un ingrédient identifiable et chercher à préserver son caractère.

LAMINAK : le whisky selon BRANA

BRANA s’est également tournée vers le whisky.

La gamme LAMINAK permet à la maison d’explorer une nouvelle catégorie tout en utilisant son expérience de la distillation et du vieillissement.

Plusieurs expressions ont été développées, notamment autour de finitions en fûts de Bourbon, de Porto ou de profils tourbés.

Le nom fait référence aux Laminak, créatures de la mythologie basque.

Cette arrivée dans le whisky illustre l’évolution de BRANA.

La maison historique d’eaux-de-vie et de vins n’abandonne pas ses racines, mais utilise son expérience pour explorer de nouveaux spiritueux.

Une maison entre tradition et expérimentation

L’identité de BRANA repose finalement sur cette dualité.

D’un côté, plus d’un siècle d’histoire familiale, un domaine viticole en Irouléguy et une longue expérience de la distillation.

De l’autre, une volonté constante d’expérimenter.

Clémentine de Corse, cédrat, Piment d’Espelette, gin ou whisky viennent ainsi compléter les productions plus traditionnelles.

La maison ne se limite donc plus à une seule catégorie.

Elle constitue aujourd’hui un ensemble réunissant vigneron, distillateur et créateur de spiritueux au cœur du Pays Basque.

Pourquoi découvrir les spiritueux BRANA ?

Découvrir BRANA permet d’explorer une vision particulièrement locale de la distillation française.

Les eaux-de-vie privilégient la pureté du fruit.

Les gins utilisent certains ingrédients directement associés au territoire basque.

Les whiskies montrent une facette plus récente et expérimentale de la maison.

Cette diversité permet surtout de suivre l’évolution d’une entreprise familiale fondée au XIXe siècle et toujours active plus de cent vingt ans plus tard.

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Brana chez Hannibal

Histoire du Château de Laubade

Histoire du Château de Laubade

Le Château de Laubade est situé au cœur du Bas-Armagnac, dans le Gers.

Le domaine est fondé en 1870 et devient progressivement l’une des propriétés emblématiques de l’appellation.

Son histoire moderne est intimement liée à la famille Lesgourgues, qui développe une philosophie assez particulière dans l’univers de l’Armagnac : maîtriser directement les différentes étapes de production, depuis la vigne jusqu’au vieillissement des eaux-de-vie.

Un véritable domaine viticole

Contrairement à certaines maisons d’Armagnac travaillant principalement comme négociants, Laubade dispose de son propre vignoble.

Les raisins utilisés pour ses eaux-de-vie proviennent ainsi directement de la propriété.

Plusieurs cépages traditionnels de l’Armagnac y sont cultivés, notamment l’Ugni Blanc, la Folle Blanche, le Colombard et le Baco.

Cette diversité permet au domaine de travailler séparément les caractéristiques de chaque variété avant de décider de leur élevage ou de leur assemblage.

Une distillation réalisée au domaine

La distillation constitue également une étape essentielle de la philosophie de Laubade.

Les vins sont distillés dans l’alambic armagnacais traditionnel à colonne.

Les eaux-de-vie obtenues rejoignent ensuite les différents chais de la propriété.

Laubade dispose de plusieurs bâtiments présentant des conditions différentes d’humidité et de température.

Le choix du chai devient ainsi lui-même un élément du vieillissement.

Le chêne de Gascogne

Le bois occupe une place particulièrement importante dans le travail du Château de Laubade.

Les eaux-de-vie sont traditionnellement élevées dans des pièces de chêne de Gascogne.

Le choix du bois, la taille du fût et surtout son niveau de chauffe peuvent profondément modifier le profil final de l’Armagnac.

C’est précisément cette dimension que le domaine décide d’explorer avec XF.

Les Curiosités de Laubade

En 2019, la famille Lesgourgues lance la collection Les Curiosités de Laubade.

Son objectif est différent des assemblages traditionnels de la maison.

Cette collection devient un véritable laboratoire consacré à l’Armagnac. Le domaine y explore des cépages particuliers, différents types de vieillissement ou encore des affinages inhabituels.

Certaines expérimentations utilisent par exemple des fûts ayant précédemment contenu d’autres vins ou spiritueux.

XF s’inscrit parfaitement dans cette démarche.

Cette fois, ce n’est pas l’origine du fût qui est au centre de l’expérience, mais son niveau de chauffe.

XF, le pionnier

Pour cette expérience, Laubade travaille avec la tonnellerie Doreau sur une chauffe particulièrement intense.

L’Ugni Blanc distillé en 2015 est placé dans un fût de chêne de Gascogne de 420 litres ayant subi cette chauffe Extra Forte.

Après plusieurs années de vieillissement, le résultat surprend par son équilibre.

Le bois apporte énormément de caractère sans supprimer la fraîcheur naturelle de l’eau-de-vie.

La maison décide alors d’isoler ce fût et d’en proposer une édition limitée.

Seulement 943 bouteilles numérotées sont produites.

Cette expérimentation reçoit ensuite une reconnaissance importante avec le Prix Amorim Top Series du Spiritueux de l’Année, distinction mise en avant par le Château de Laubade.

XF représente ainsi parfaitement la philosophie des Curiosités : partir des traditions de l’Armagnac pour explorer de nouvelles façons de travailler le cépage, le bois et le vieillissement.

Histoire de la Maison Darroze

Histoire de la Maison Darroze

L’histoire des Armagnacs Darroze est profondément liée à la gastronomie et aux traditions de la Gascogne.

Elle prend véritablement forme avec Francis Darroze. Issu d’une famille de restaurateurs, il développe très tôt une connaissance approfondie des produits et des producteurs de sa région.

À partir des années 1950, il parcourt les domaines gascons et découvre dans leurs chais des eaux-de-vie parfois conservées depuis plusieurs décennies.

Ces vieux Armagnacs vont devenir le point de départ d’une aventure singulière.

À la recherche des Armagnacs de propriétaires

Francis Darroze comprend rapidement que la richesse de l’Armagnac réside en grande partie dans la diversité de ses producteurs.

Chaque domaine possède ses propres parcelles. Les sols peuvent varier, tout comme les cépages, les pratiques de distillation et les conditions d’élevage.

Plutôt que d’effacer ces différences par de grands assemblages, Darroze choisit de les préserver.

Il sélectionne donc directement des eaux-de-vie auprès des propriétés.

À partir des années 1970, la maison dispose de ses propres installations afin de poursuivre leur élevage dans des conditions maîtrisées.

Une philosophie fondée sur le terroir

Cette approche donne naissance à ce qui deviendra la Collection Unique.

Son principe est simple : mettre en avant un domaine, un millésime et une eau-de-vie.

Les différents domaines ne sont pas assemblés entre eux. Les millésimes restent également séparés.

C’est pourquoi il peut exister plusieurs Darroze 1976 provenant de propriétés différentes.

Le domaine indiqué sur la bouteille peut ainsi changer selon les lots disponibles. Un Domaine de Mandillet 1976, par exemple, possède sa propre identité tout en appartenant à cette même philosophie de sélection Darroze.

Marc Darroze et la nouvelle génération

Le travail initié par Francis Darroze est ensuite poursuivi par son fils Marc Darroze.

La maison développe ses relations avec les producteurs tout en constituant une importante collection de millésimes.

Cette profondeur de stock permet aujourd’hui à Darroze de proposer des eaux-de-vie couvrant plusieurs décennies.

Les millésimes anciens occupent naturellement une place particulière.

Ils permettent de découvrir non seulement l’évolution d’une eau-de-vie sous bois, mais également les différences entre les domaines et les terroirs du Bas-Armagnac.

Le millésime 1976 s’inscrit parfaitement dans cette philosophie. Plus qu’une recette fixe, il représente une année de récolte déclinée à travers différents domaines sélectionnés par Darroze.